Le divorce en Islam, connu sous le nom de « talaq », est une procédure légale qui met fin au mariage. Il est important de comprendre que, bien que le divorce soit permis, il est considéré comme une solution de dernier recours. L’Islam encourage fortement la réconciliation et la médiation avant de recourir au divorce.
Cet article explore qu’est-ce que le divorce en Islam ? Quels sont ses piliers ? ainsi que ses différents types.
Sommaire
Qu’est-ce que le divorce en Islam ?
Le divorce en islam, appelé « talaq », est un acte juridique par lequel un mariage est dissous. Il est considéré comme une mesure de dernier recours, autorisée mais déconseillée. L’Islam préfère la réconciliation et la résolution des conflits conjugaux, mais reconnaît que, dans certains cas, le divorce peut être la solution la moins nuisible pour les deux parties.
Le processus de divorce en Islam inclut plusieurs étapes visant à assurer que la décision est réfléchie et que les droits des deux parties sont protégés.
Pour un divorce initié par le mari (talaq), ce dernier doit prononcer le mot « talaq » en présence de témoins, et ce à trois reprises, avec une période de la retraite légale (idda) de trois mois entre chaque prononciation pour permettre toute tentative de réconciliation. Durant cette période, le couple peut cohabiter sans relations conjugales pour voir si une réconciliation est possible. Si le mari ne reprend pas sa déclaration durant cette période, le divorce devient effectif.
La femme a également le droit de demander le divorce sous certaines conditions, connu sous le nom de « khula ». Dans ce cas, elle doit restituer la dot (mahr) reçue au moment du mariage et demander la dissolution du mariage auprès d’un juge islamique. Le juge évalue la demande et peut accorder le divorce si les raisons sont jugées valables.
Le Coran et les hadiths encouragent fortement le respect des droits de chacun pendant le processus de divorce. Les enfants issus du mariage doivent être protégés, et les obligations financières, telles que la pension alimentaire et le logement, doivent être honorées.
Le divorce en islam, bien que permis, est donc encadré par des règles strictes pour préserver la dignité et le bien-être des deux parties.
Quel sont les types de divorce en Islam?
Il y’a plusieurs types de divorce selon les savants de l’islam.
Le divorce de petite séparation (Bainouna Soughra)
C’est lorsque l’homme divorce de sa femme en prononçant une seule fois les mots : « tu es divorcée » ou « je t’ai divorcée » ou toute autre expression ayant la même signification. Ibn Taymiyya a également mentionné que si l’homme divorce de sa femme trois fois dans le même endroit et au même moment, ou s’il lui dit « tu es divorcée trois fois » ou « tu es divorcée, tu es divorcée, tu es divorcée », le divorce n’est effectif qu’une seule fois.
La petite séparation survient après le premier ou le deuxième divorce, si la période de la retraite légale (idda) est terminée. Si la femme sort de l’iddah après le premier ou le deuxième divorce, cela est considéré comme une petite séparation. L’homme qui a divorcé de sa femme pour la première ou la deuxième fois peut la reprendre quand il le souhaite sans dot ni nouveau contrat si elle n’a pas encore terminé son iddah. Si elle a terminé son iddah, le divorce est considéré comme une petite séparation et elle ne lui est permise qu’avec un nouveau contrat de mariage.
Le divorce de grande séparation (Bainouna Koubra)
C’est lorsque l’homme en pleine possession de ses facultés mentales divorce de sa femme trois fois à des moments différents. Si le troisième divorce est prononcé, elle lui devient interdite jusqu’à ce qu’elle épouse un autre homme. Allah dit : « S’il la répudie (la troisième fois), elle ne lui sera plus permise tant qu’elle n’aura pas épousé un autre » [Al-Baqara : 230].
Le khul’ (divorce initié par la femme)
Le khul’ est un accord entre le mari et la femme pour mettre fin au mariage en contrepartie d’une compensation que la femme verse pour se libérer du mariage. Cela peut se faire en renonçant à une partie ou à la totalité de la dot convenue au début du mariage.
Bien que la loi islamique accorde au mari seul le droit de divorce, elle ouvre de nombreuses voies pour la femme opprimée ou qui ne supporte plus de vivre avec son mari pour se libérer du lien conjugal et commencer une nouvelle vie avec un autre. L’une de ces voies est le khul’, reconnu par la loi islamique comme un moyen pour la femme de se libérer d’une vie de misère avec son mari, en renonçant à certains de ses droits financiers en échange du divorce. C’est ce que le Prophète (paix et bénédiction soient sur lui) a fait avec l’épouse du compagnon Thabit ibn Qays lorsqu’elle est venue se plaindre de son malheur avec un mari qu’elle n’aimait pas et avec qui elle vivait à contrecœur. Le Prophète lui a demandé de rendre à Thabit le jardin qu’il lui avait donné comme dot et il lui a ordonné de la divorcer d’un seul divorce.
Le divorce prononcé par le juge
C’est lorsque le juge divorce une femme de son mari dans plusieurs cas, comme lorsque le mari est absent et qu’on ignore son sort (s’il est prisonnier, kidnappé ou en voyage), ou lorsque le mari abandonne sa femme pendant une longue période sans subvenir à ses besoins. Il peut également y avoir le divorce pour incompatibilité de lignage, par exemple dans le cas d’un mariage entre une femme arabe et un homme non arabe avec le consentement de son père mais l’opposition des autres membres de sa famille. Le juge peut prononcer le divorce si un proche de la fille, comme un cousin ou un frère, porte l’affaire devant la justice pour contester le mariage.
Les piliers du divorce
Les Hanafites estiment que le divorce n’a qu’un seul pilier, qui est la formule. En revanche, la majorité des juristes considère qu’il en a trois : le divorceur, la divorcée et la formule. Les savants ont mis en place des conditions spécifiques pour chaque pilier, et ces piliers sont les suivants :
- Le divorceur : Le divorceur, généralement le mari ou son mandataire, doit être responsable pour que le divorce soit valide. Ainsi, le divorce prononcé par un enfant, un fou, une personne évanouie ou endormie n’est pas valide.
Les juristes s’accordent sur ce point, mais divergent sur le divorce prononcé par une personne ivre. Les Hanafites, Malikites, Shafiites et Hanbalites considèrent ce divorce valide, en se basant sur un hadith faible qui dit : « Tout divorce est valable, sauf celui du fou dont la raison est altérée. » arguant que l’ivresse ne rend pas la personne comparable à un dormeur ou à un fou.
En revanche, Ibn Taymiyya et Ibn al-Qayyim estiment que ce divorce n’est pas valide, se référant au verset « Ô vous qui croyez ! N’approchez pas de la prière alors que vous êtes ivres, jusqu’à ce que vous sachiez ce que vous dites », soulignant que la responsabilité implique la raison, absente chez l’ivrogne.
- La divorcée : C’est l’épouse, et il est requis qu’elle soit sous la protection d’un homme par un mariage valide. Le divorce ne s’applique pas à une personne autre que l’épouse, ni à une femme mariée par un mariage invalide ou corrompu, en raison de l’absence d’autorité légale.
- La formule : C’est l’expression verbale par laquelle le divorce est prononcé. L’intention seule ne suffit pas ; il faut une formule verbale qui l’indique.
- L’intention : C’est la volonté.
Conclusion
Le divorce en Islam est une procédure sérieuse entourée de conditions strictes et de processus juridiques précis. Il est considéré comme une solution de dernier recours après avoir épuisé toutes les possibilités de réconciliation. Comprendre les types de divorce et les conditions associées permet de mieux appréhender cette pratique dans le cadre des enseignements islamiques et de garantir que les droits de chaque partie sont respectés.
FAQ – Divorce en Islam
Qu’est-ce que le divorce en Islam (talaq) ?
Le divorce en Islam, appelé talaq, est une procédure légale qui dissout le mariage. Il est permis mais considéré comme une solution de dernier recours après avoir tenté la réconciliation.
Quels sont les types de divorce en Islam ?
On distingue plusieurs types de divorce :
– la petite séparation (bainouna soughra),
– la grande séparation (bainouna koubra),
– le khul’ (divorce initié par la femme),
– et le divorce prononcé par le juge.
Quels sont les piliers du divorce en Islam ?
Les savants citent trois piliers :
– le divorceur (généralement le mari ou son mandataire),
– la divorcée (épouse concernée par un mariage valide),
– et la formule verbale.
L’intention seule ne suffit pas, une déclaration explicite est requise.
La femme peut-elle demander le divorce en Islam ?
Oui, la femme peut demander le divorce sous certaines conditions par le khul’. Elle peut restituer sa dot et demander la dissolution du mariage auprès d’un juge islamique si elle ne souhaite plus continuer la vie conjugale.
Que dit l’Islam sur la réconciliation avant le divorce ?
Le Coran et les hadiths encouragent la réconciliation et la médiation avant de prononcer le divorce. L’Islam recommande d’épuiser toutes les solutions de dialogue et de conseil avant de recourir à la séparation définitive.