Le riba en Islam, souvent traduite par « usure » en français, est un concept fondamental en économie islamique. Elle se réfère à toute forme de gain injuste dans une transaction financière, et est strictement interdite dans l’Islam. Cette interdiction est basée sur des principes éthiques et moraux destinés à promouvoir la justice économique et sociale.
Cet article explique en détail la notion de riba, les types d’usure qui existent et les raisons de son interdiction dans la religion islamique.
Sommaire
Qu’est-ce que le Riba en Islam?
Le terme « Riba » en Islam désigne l’intérêt ou l’usure, et il est strictement interdit par la loi islamique. Riba se réfère à tout gain ou profit excessif, injustifié et garanti, obtenu à partir d’un prêt ou d’une transaction commerciale. Cette interdiction est fondée sur les principes de justice et d’équité économiques.
Selon les enseignements islamiques, le Riba favorise l’exploitation et l’injustice, car il permet aux prêteurs de réaliser des profits sans prendre de risques, au détriment des emprunteurs qui peuvent se retrouver dans une situation de précarité financière.
Le Coran condamne fermement le Riba, le considérant comme une pratique injuste et immorale qui va à l’encontre des valeurs de solidarité et de compassion prônées par l’Islam. Par conséquent, les transactions financières dans une économie islamique sont encouragées à être basées sur des partenariats et des partages de risques, où les profits et les pertes sont répartis équitablement entre les parties impliquées.
Le Riba en Islam, halal ou haram ?
La question de savoir si le riba en Islam (l’usure) est halal ou haram est claire. Le riba est strictement interdite (haram) selon les enseignements islamiques. Le Coran et les hadiths du Prophète Muhammad (paix et bénédictions sur lui) condamnent fermement toute forme d’usure, considérant cela comme une exploitation injuste et nuisible de la richesse.
Les savants musulmans ont des avis divergents sur la manière dont l’interdiction de l’usure a été révélée : certains soutiennent qu’elle a été introduite progressivement, tandis que d’autres affirment qu’elle a été révélée en une seule fois. Néanmoins, il est unanimement reconnu que l’usure est formellement prohibée.
Dans le Coran, Allah dit :
« Ô vous qui avez cru ! Craignez Allah et renoncez à ce qui reste de l’usure, si vous êtes croyants. Et si vous ne le faites pas, alors recevez l’annonce d’une guerre de la part d’Allah et de Son Messager. Mais si vous vous repentez, vous aurez vos capitaux. Vous ne léserez personne, et vous ne serez point lésés. » (Sourate Al-Baqarah, versets 278-279).
يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا اتَّقُوا اللَّهَ وَذَرُوا مَا بَقِيَ مِنَ الرِّبَا إِن كُنتُم مُّؤْمِنِينَ فَإِن لَّمْ تَفْعَلُوا فَأْذَنُوا بِحَرْبٍ مِّنَ اللَّهِ وَرَسُولِهِ وَإِن تُبْتُمْ فَلَكُمْ رُءُوسُ أَمْوَالِكُمْ لَا تَظْلِمُونَ وَلَا تُظْلَمُونَ
Ces versets mettent en garde contre les graves conséquences de la pratique de l’usure, incluant une guerre déclarée par Allah et Son Messager contre ceux qui persistent dans cette pratique.
Un autre verset coranique dit :
« Et à cause de leur prise d’usure, alors qu’ils en avaient été interdits, et de leur consommation des biens des gens par l’injustice, Nous avons préparé pour les mécréants parmi eux un châtiment douloureux. » (Sourate An-Nisa, verset 161).
وَأَخْذِهِمُ الرِّبَا وَقَدْ نُهُوا عَنْهُ وَأَكْلِهِمْ أَمْوَالَ النَّاسِ بِالْبَاطِلِ وَأَعْتَدْنَا لِلْكَافِرِينَ مِنْهُمْ عَذَابًا أَلِيمًا
Ce verset souligne la gravité de l’acte de pratiquer l’usure, particulièrement pour ceux qui sont pleinement conscients de son interdiction mais choisissent de ne pas s’en abstenir.
Le Prophète Muhammad a également maudit ceux qui pratiquent l’usure, ceux qui la consomment, ceux qui la rédigent et ceux qui en sont témoins, comme le rapporte Abdullah ibn Mas’ud :
« Le Messager d’Allah a maudit celui qui consomme l’usure, celui qui la paie, celui qui la rédige et ses témoins. » (Sahih Muslim).
لَعَنَ رَسُولُ اللهِ صَلَّى اللهُ عليه وسلَّمَ آكِلَ الرِّبَا، ومُوكِلَهُ، وكاتِبَهُ، وشاهِدَيْهِ، وقال: «هُمْ سَوَاءٌ».
Ces enseignements montrent clairement que l’usure est considérée comme une grande injustice et une forme d’oppression, et que les musulmans doivent s’en abstenir pour vivre conformément aux préceptes de l’Islam.
Les catégories du Riba en Islam :
L’usure est divisée en trois catégories à savoir :
Riba al-Nasi’a :
C’est une forme d’intérêt sur le retard de paiement. Dans ce cas, il est convenu d’acheter un produit et de le recevoir immédiatement, mais le paiement est différé. Pour compenser ce retard de paiement, un montant supérieur à la valeur initiale est exigé.
Tous les musulmans s’accordent à dire que cette forme d’intérêt est interdite. Le riba al-nasi’a est la forme d’intérêt la plus répandue dans les pays musulmans.
Riba al-Fadl :
C’est le riba de surplus. Cela se produit lorsqu’on échange un produit contre le même produit avec une augmentation de l’un d’eux, sans délai, et dans la même transaction.
Le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a dit :
« L’or contre l’or, l’argent contre l’argent, le blé contre le blé, l’orge contre l’orge, les dattes contre les dattes, le sel contre le sel, de manière égale et de main à main. Celui qui augmente ou demande une augmentation a pratiqué le riba, le donneur et le receveur sont égaux en cela. »
الذَّهَبُ بالذَّهَبِ، والفِضَّةُ بالفِضَّةِ، والبُرُّ بالبُرِّ، والشَّعِيرُ بالشَّعِيرِ، والتَّمْرُ بالتَّمْرِ، والمِلْحُ بالمِلْحِ، مِثْلًا بمِثْلٍ، سَواءً بسَواءٍ، يَدًا بِيَدٍ، فمَن زادَ، أوِ اسْتَزادَ، فقَدْ أَرْبَى، الآخِذُ والمُعْطِي فيه سَواءٌ.
Il est donc unanimement interdit de vendre ces articles les uns contre les autres avec une augmentation.
Riba al-Qard :
C’est le riba dans lequel il y a un prêt avec un avantage pour le prêteur. Par exemple, si quelqu’un prête un produit à une autre personne et demande à recevoir un produit de meilleure qualité ou le même produit avec un avantage supplémentaire.
Le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a dit :
« Si l’un de vous prête quelque chose et qu’on lui offre un cadeau ou le transporte sur un animal, il ne doit pas accepter cela, sauf s’ils avaient l’habitude de le faire avant. »
إذا أقرض أحدكم قرضًا فأُهدي إليه، أو حمله على الدَّابَّةِ، فلا يركبها، ولا يقبلها، إلَّا أن يَكونَ جرى بينَه وبَينه قبلَ ذلك.
Cette forme de riba a été interdite par plusieurs compagnons du Prophète, comme Omar ibn al-Khattab, son fils Abdullah, Abdullah ibn Mas’ud, et Abdullah ibn Salam (qu’Allah soit satisfait d’eux tous), et les savants sont d’accord sur son interdiction.
Il est donc essentiel pour chaque musulman de craindre Allah, de se surveiller, et d’éviter toutes les formes de riba dans ses transactions.
Les raisons d’interdiction du Riba en Islam :
L’interdiction du Riba (l’usure) en Islam repose sur plusieurs raisons fondamentales :
- Justice économique : Le Riba crée des inégalités entre les riches et les pauvres. Les riches deviennent plus riches sans effort tandis que les pauvres s’endettent et s’appauvrissent davantage.
- Exploitation : L’usure profite de la situation difficile des personnes en besoin, les obligeant à payer des intérêts élevés, ce qui est considéré comme injuste et exploitant.
- Harmonie sociale : En éliminant le Riba, l’Islam cherche à promouvoir une société basée sur la coopération et l’entraide plutôt que sur l’exploitation économique.
- Stabilité économique : Le Riba peut conduire à des crises économiques en créant des dettes insoutenables. L’Islam encourage des transactions économiques basées sur des échanges équitables et des transactions transparentes.
- Moralité : L’usure est vue comme moralement incorrecte car elle génère de l’argent à partir de l’argent sans effort, sans risque et sans contribution réelle au développement économique ou social.
Quelles sont les alternatives islamiques à le Riba ?
L’économie islamique propose plusieurs alternatives à le riba, favorisant des transactions équitables et éthiques :
- Mudarabah : Un partenariat où l’une des parties fournit le capital tandis que l’autre fournit l’expertise et le travail. Les bénéfices sont partagés selon un accord préalable.
- Musharakah : Un type de contrat reconnu dans les transactions financières islamiques et actuellement utilisé dans les transactions des banques islamiques, où les parties partagent l’argent et les efforts ou l’un des deux. La propriété de l’activité commerciale est conjointe entre eux, et ils partagent également les bénéfices et les pertes.
- Murabaha : un type de contrat financier utilisé dans les transactions islamiques. C’est une forme de vente où le vendeur divulgue le coût d’origine du produit et ajoute un profit convenu. Ce contrat est particulièrement utilisé par les banques islamiques pour financer l’achat de biens par leurs clients.
- Ijara : Un contrat de location où l’acheteur peut utiliser un actif ou un bien pour une période convenue contre des paiements périodiques.
Conclusion
Le riba, en tant que pratique interdite, occupe une place centrale dans l’éthique économique islamique.
Son interdiction vise à promouvoir une justice économique, à prévenir l’exploitation et à assurer une stabilité économique. Les alternatives islamiques offrent des moyens éthiques et équitables de financement, renforçant ainsi les valeurs de solidarité et de justice sociale.
Pour les musulmans, éviter le riba n’est pas seulement une question de conformité religieuse, mais aussi une voie vers une société plus juste et harmonieuse.
FAQ – Riba en Islam
Le Riba est-elle halal ou haram ?
Le Riba est strictement haram en Islam. Le Coran et les hadiths condamnent toute forme d’usure, la considérant comme une injustice économique et spirituelle.
Quels sont les types de Riba interdits en Islam ?
Les savants distinguent trois formes principales :
– Riba al-Nasi’a : intérêt sur délai,
– Riba al-Fadl : surplus dans l’échange,
– Riba al-Qard : avantage obtenu lors d’un prêt.
Quelle est la différence entre Riba et commerce licite (Bai) ?
Le commerce licite repose sur l’échange de biens et de services réels, impliquant un risque et une valeur ajoutée. Le Riba, lui, génère un profit garanti sans effort ni risque, ce qui est interdit.
Que risque un musulman qui pratique le Riba ?
Selon le Coran, celui qui persiste dans l’usure s’expose à une guerre de la part d’Allah et de Son Messager. Sur le plan spirituel, la Riba annule la bénédiction des biens et entraîne une lourde responsabilité dans l’au-delà.
Comment un musulman peut-il éviter le Riba au quotidien ?
Pour éviter le Riba, il est recommandé d’utiliser les alternatives de la finance islamique (Mudarabah, Musharakah, Murabaha, Ijara), de choisir des banques islamiques ou éthiques, et de privilégier le commerce licite basé sur la transparence.